Fédération des Arts, du Spectacle, de l'Audiovisuel et de la Presse Force Ouvrière

PISA 2012. Niveau scolaire: sur 65 pays, la France recule au 25e rang

13.12.2013 | Jour après jour, L'actualité du site de Force Ouvrière

Seize points de moins en neuf ans au classement mondial pour les performances de nos élèves en mathématiques... Mais à quoi peut bien servir l’empilement des réformes?

Reléguée au 25e rang pour le niveau des élèves de 15 ans, la France aurait perdu deux places au classement mondial en trois ans. La nouvelle est tombée le 1er décembre, en même temps que la publication par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) des résultats de PISA 2012. Ce «Programme international pour le suivi des acquis des élèves», créé en 2000, évalue les compétences dans la compréhension de la lecture, des mathématiques et des sciences avec, à la clé, un palmarès tous les trois ans. Des compétences –c’est-à-dire les facultés des élèves à utiliser des savoirs dans des situations données– à ne pas confondre avec les connaissances qui, liées à des programmes, diffèrent d’un pays à l’autre.

La nouvelle a provoqué un énorme buzz. Convoquant une conférence de presse, Vincent Peillon persiste et signe: «Nous sommes en train de faire de grandes réformes de structures, il faut les conduire jusqu’au bout», a prévenu le ministre de l’Éducation nationale à la veille d’une grève nationale dans le premier degré. Le lendemain, de Montpellier où il présidait les assises de la mer, le Premier ministre a renchéri: «Ce rapport PISA doit servir d’électrochoc pour ceux qui pensent que tout va bien et qu’il n’y a rien à changer.» Enfin, lors du Conseil des minis­­tres du 4 décembre, le chef de l’État a taclé ses prédécesseurs qui n’ont «pas suffisamment fait de l’école un atout», y opposant la politique conduite par lui depuis dix-huit mois.

APPRENDRE À RAISONNER: POURQUOI NE PAS RÉESSAYER?

Comme le souligne la Fédération FO de l’Enseignement (FNEC FP FO), «si les commentateurs étaient logiques, ils devraient s’interroger sur les réformes menées depuis des années et qui ont en commun de diminuer les heures de cours et les connaissances dispensées aux élèves». Difficile, dans ces conditions, d’étudier les mathématiques, thème du PISA 2012, point fort de la France en 2003, mais dont le score a chuté de seize points en neuf ans. Interrogé dans la presse sur ce décrochage, Cédric Villani, professeur de mathématiques à l’université Lyon 1 et qui a reçu la médaille Fields en 2010, commence par désigner «les réformes contradictoires [qui] se succèdent». Rappelant que «l’objectif premier de cet enseignement est d’apprendre à raisonner», Cédric Villani regrette les «évolutions les plus dommageables: les horaires qui ont baissé, les programmes qui se sont vidés et les exigences de démonstration qui sont moins fortes».

Professeur de maths lui aussi, Jacques Paris est Secrétaire général du Syndicat national FO des lycées et collèges. Il raconte: «Avant l’avalanche des contre-réformes, les bases de la démonstration mathématique –nature même de cet enseignement– étaient étudiées en classe de quatrième. Maintenant c’est en section S de première et de terminale. Quand un élève me demandait: à quoi ça sert?, je répondais: à former votre raisonnement et cela vous servira partout et toujours.» Un remède contre les inégalités sociales qui, toujours selon l’enquête de l’OCDE, auraient tendance à envahir l’école de la République.

Marie-Laure Schisselé

2, rue de la Michodière 75002 Paris
T. 01 47 42 35 86 . F. 01 47 42 39 45
Mentions légales . Contactez-nous