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Vague de grèves et de manifestations au Portugal

18.11.2013 | Jour après jour, L'actualité du site de Force Ouvrière

Deux tiers des emplois perdus depuis le début de la crise l’ont été depuis l’entrée en scène de la Troïka. Qu’à cela ne tienne, Lisbonne veut remettre une couche d’austérité en 2014.

Une quinzaine de grèves dans les transports pour la période du 25 octobre au 8 novembre, une autre à La Poste pour protester contre sa privatisation et encore une dans l’ensemble de la fonction publique le 8 novembre, une série de manifestations, dont une à l’appel des syndicats des forces de l’ordre le 21 novembre prochain... Le nouveau plan d’austérité pour 2014, présenté le 16 octobre par le gouvernement portugais, ne passe pas. Pas plus que les précédents et peut-être même encore moins. L’austérité va crescendo, le mécontentement aussi. La grève générale du 27 juin dernier à l’appel des deux confédérations syndicales, le CGTP et l’UGTP, la quatrième en deux ans, avait déjà été plus suivie encore que les précédentes. Quatre mois plus tard, le 1er novembre, c’est sous les huées de dizaines de milliers de personnes rassemblées face à l’Assemblée que les députés ont adopté, en première lecture, la nouvelle loi de finances. L’adoption de sa version définitive est prévue pour le 26 novembre.

Pour répondre aux exigences de la Troïka (UE, BCE et FMI), inflexible face aux demandes d’assouplissement de la politique d’austérité, le gouvernement portugais a placé la barre très haut, s’engageant à abaisser son déficit public à 4% du Produit intérieur brut dès 2014, contre 5,5% en 2013.

Salaires, retraites, pensions de veuvages tout y passe

Il prévoit notamment des coupes de près de 10% dans les retraites des fonctionnaires supérieures à 600 euros. L’âge de départ à la retraite à taux plein sera reporté de 65 à 66 ans. Les salaires des fonctionnaires baisseront de nouveau de 2,5% à 12%. La durée hebdomadaire de travail dans les services publics passera de 35 heures à 40 heures. Enfin, le gouvernement n’a pas hésité à s’en prendre aux pensions de veuvage, qui seront désormais mises sous conditions de ressources lorsque le cumul des deux pensions de retraite dépassera deux mille euros.

Mais la plupart des analystes financiers ont déjà mis en doute la viabilité de ce nouveau plan de rigueur. L’agence de notation financière Fitch estime ainsi que des «risques élevés» pèsent sur la mise en œuvre du budget, à commencer par le manque de consensus politique. D’autres, comme Natixis, relèvent que «les réels progrès déjà accomplis en matière de finances publiques, l’ont été au prix d’une très profonde récession», et que cette fois encore «les effets récessifs pourraient de nouveau avoir été sous-estimés».

De fait, le Portugal a perdu un emploi sur sept depuis le début de la crise en 2008, dont les deux tiers depuis l’entrée en vigueur des mesures de rigueur imposées par la Troïka en 2011, selon un rapport de l’Organisation internationale du travail publié le 4 novembre.

«Ce budget est le dernier du programme signé avec la Troïka», a assuré le vice-Premier ministre, Paulo Portas, rappelant avec insistance que l’accord passé avec la troïka en mai 2011, en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros, doit prendre fin en juin 2014... Un discours qui se voulait rassurant, mais bien vite balayé par son appel à inscrire dans la Constitution la règle d’or d’équilibre des finances publiques prévue dans le traité budgétaire européen, et ce, dès la fin du programme imposé par la Troïka. Histoire de ne pas se relâcher.


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