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Vers un salaire minimum national en Allemagne

21.12.2013 | Jour après jour, L'actualité du site de Force Ouvrière

Revendiquée depuis plusieurs années par la confédération syndicale allemande DGB, l’instauration d’un salaire minimum fait aujourd’hui partie intégrante de l’accord passé entre la chancelière Angela Merkel et le parti d’opposition social-démocrate, le SPD, pour la formation d’un gouvernement de «grande coalition».

Le salaire minimum devrait officiellement entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2015 au taux horaire de 8,50 euros, comme le revendiquait le DGB, mais ne s’appliquera en réalité dans l’ensemble du pays qu’en 2017. Les salaires minima de branche déjà en vigueur dans quelques secteurs resteront valables jusqu’à fin 2016, même s’ils sont inférieurs à 8,50 euros l’heure. Il pourra également y avoir des différences d’un État régional (Länder) à l’autre durant cette période transitoire. À partir de 2017, une commission nationale composée de représentants syndicaux et patronaux en nombre égal, ainsi que d’experts sans droit de vote et choisis par les deux parties, serait chargée de proposer périodiquement au gouvernement une réévaluation du montant du salaire minimum.

La première augmentation ne pourrait donc intervenir que le 1er janvier 2018, ce que déplore le DGB qui demande une hausse plus précoce par voie législative directe. Néanmoins, explique Gabriele Bischoff, responsable du secteur “Europe” au DGB, «nous sommes satisfaits que la coalition se soit donné comme objectif d’introduire ce salaire minimum. Nous nous félicitons également de la création de cette commission, qui répond au principe d’ indépendance de la négociation contractuelle des salaires».

L’introduction d’un salaire minimum va «contribuer à relever le niveau des bas salaires, particulièrement faibles en comparaison de ceux d’autres pays européens», souligne Gabirelle Bischoff, mais, ajoute-t-elle, «cela ne suffira pas à régler le problème d’une profusion d’emplois atypiques et précaires». Selon le DGB, pas moins de 23% de la main-d’œuvre allemande perçoivent un salaire inférieur à 9 euros l’heure et le pays compte 1,2 million de travailleurs pauvres. Dans certains secteurs, comme la coiffure, l’agroalimentaire ou la restauration, les salariés gagnent bien souvent moins de 5 euros l’heure.

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