Fédération des Arts, du Spectacle, de l'Audiovisuel et de la Presse Force Ouvrière

La direction de Radio France doit répondre à toutes les revendications des personnels et de l’intersyndicale

30.03.2013 | Communiqué de la Fédération générale des Fonctionnaires FO

Après 11 jours de grève et d’assemblées générales massives, la négociation de vendredi 27 mars au soir a abouti à quelques premiers reculs de la direction :

- les conditions de ménage sont maintenues, une maltraitance grave de la part de la direction du bâtiment est reconnue et la direction générale admet qu’elle doit cesser immédiatement.

- la verticalisation des personnels de production et des techniciens est abandonnée; l'audit de Bearing est dissocié, une réflexion sur les modes de production sera engagée, avec constitution de groupes de travail sans que les syndicats y soient enchainés ; les personnels de production éliront eux-mêmes le nombre de représentants experts pour cette réflexion. Le classement des productions radiophoniques en quatre types simplistes, liés à la typologie actuelle de France Inter est abandonné. Ce classement était apparu bizarrement dans la dernière mouture de la direction, à 23h vendredi… Mais le principe même de la réforme de production est maintenu.
Sur les fermetures de studios de production et de diffusion, point lié aux questions de production, comme la la DRH l’a reconnue, la direction s’engage à ce que tout lieu d’enregistrement, de montage, de mixage, de diffusion fermé pour travaux donne lieu à ouverture d’un lieu équivalent.

MAIS :
- les externalisations : la direction louvoie : pas de plan structuré en cours, ce qui n’exclut ni de futurs plans structurés, ni l’externalisation progressive, au fur et à mesure de départs en retraite. Et comme la direction prépare un « plan de départs volontaires et de départs de seniors »…
- la direction ne donne pas de garanties sur le renforcement des effectifs de personnels de surveillance, alors qu’elle s’apprête à mettre en place des portiques laissant les surveillants seuls face à tous les risques et aux nécessités d’accueil, tant des invités que des comédiens.
- l’engagement à ne pas développer le réseau des locales (Bleu) sans les moyens humains et techniques est encore trop vague, et laisse la porte ouverte à toutes les manœuvres.
- les 4 hypothèses initiales de fusion ou externalisation d'au moins un des deux orchestres sont confirmées sans même que la direction l’écrive !
- le principe d’un « plan de départs volontaires » de 200 à 300 salariés est également maintenu, et rappelons que ce plan n’a été annoncé que lorsque les préavis ont été déposés.

Ces cinq derniers points restent totalement inacceptables car le service public de la radio a besoin de tous ses personnels. En admettant même que des salariés partent prématurément dans des conditions qui leur conviendraient, il manquerait 200 à 300 postes pour l’accomplissement de toutes les missions. Quant aux orchestres, ils appartiennent, comme la production de fictions et de documentaires, aux cœurs de métiers dont la préservation protège tous les autres secteurs.

La reconduction de la grève chaque jour depuis le 19 mars, la ténacité des personnels depuis déjà 12 jours à défendre leurs emplois et Radio France comme service public ont contraint la direction mais aussi le gouvernement a de premiers reculs. Mais, comme l’a dit un responsable syndical dans un propos repris par Le Monde, « Ça commence à bien faire, de montrer du doigt Mathieu Gallet et de mettre en place une politique d’austérité ». Mathieu Gallet et le gouvernement sont responsables. Car c’est bien en application du Pacte de responsabilité et de ses 51 milliards de restrictions budgétaires que le gouvernement a demandé à la nouvelle direction de Radio France un plan d’économies (sauf pour cette direction elle-même). Face à la mobilisation des personnels, le gouvernement a du demander à M. Gallet de nouvelles propositions. Mais le gouvernement maintient son exigence de 51 millions d’économie.

C’est pourquoi il nous faut continuer à nous battre pour que la direction de Radio réponde à toutes les revendications des personnels et pour que le gouvernement annule ses restrictions budgétaires. Contre le Pacte de responsabilité et la Loi Macron, les confédérations FO, CGT rejointes par Solidaires et la FSU, appellent à la grève interprofessionnelle le 9 avril prochain. Le 9 avril, c’est aussi l’échéance des 15 jours que F. Pellerin a donné à Mathieu Gallet pour présenter de nouvelles propositions. Alors, le 9 avril, ne nous faudrait-il pas que la grève à Radio France soit totale, parmi toutes les catégories de personnels ? Ne nous faut-il pas la préparer dès maintenant ?

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