Fédération des Arts, du Spectacle, de l'Audiovisuel et de la Presse Force Ouvrière

Discours de Françoise Chazaud pour le CNPS du 19 décembre

16.12.2014 | Communiqué FASAP-FO

Concertation des salariés intermittents du spectacle


Nous avons entendu avec satisfaction votre volonté de lutter contre la précarité et de favoriser l’accès au CDI. La FASAP-FO se félicite de la bonne tenue de la concertation que Force Ouvrière avait voulu et désiré et, nous le rappelons, est inscrite et signée dans la convention de l’Unédic.

Nous approuvons que toutes les organisations syndicales représentatives et d’autres aient pu participer jusqu’à la fin aux discussions. Après la concertation, le temps des actes est arrivé.

Nous exigeons que le rapport, qui sera remis au Premier Ministre au courant du mois de janvier prochain, soit communiqué à toutes les organisations syndicales participantes ; c’est-à-dire avec toutes les études chiffrées des propositions des syndicats, les différentes statistiques et les préconisations envisagées par les rapporteurs de la mission, ainsi que les études qui circulent déjà.

Ce principe de concertation devrait être renouvelé avant chaque renégociation de la convention d’assurance chômage afin d’éviter des psychodrames et des turpitudes inutiles. C’est en tout cas ce que nous appelons de nos vœux pour 2016.

Nous attendons beaucoup de cette concertation et nous espérons que ce dialogue social apaisé et réfléchi permettra de concrétiser des mesures fortes et rapides en faveur de l’emploi et de la protection sociale, et nous pourrons régler de nombreux problèmes qui nous ont été soulevés, comme le Guso, les retraites, la caisse des congés, etc.

Le Budget de la culture


Le gouvernement a enfin décidé de mettre fin à l’hémorragie du budget de la culture avec une très légère, voir trop légère augmentation de +0,3 % qui font suite à deux années de sévères disettes (-4% en 2013 et -2% en 2014).

FO regrette tout de même qu’une partie de ce budget, justement tourné vers la jeunesse, échoie dans la participation au financement de la réforme scolaire puisqu’il va servir à financer les initiations artistiques, trop souvent données par des personnels amateurs ou très mal rémunérés pendant le temps périscolaire.

Cette légère augmentation du budget suffira-t-elle à compenser l’objectif d’ouvrir 7 jours sur 7 Versailles, Le Louvre et Orsay, rien n’est moins sûr. Car ce projet nécessitera forcément une hausse des effectifs et des compensations salariales qui sont des justes revendications syndicales.

Pour l’Audiovisuel


La situation est très préoccupante. France Télévisions et Radio France sont économiquement aux abois avec des perspectives très sombres de PSE pour ses salariés.

Mathieu Gallet, le nouveau PDG de Radio France, a annoncé que, pour la première fois de son histoire, le budget 2015 de Radio France laisse apparaître un trou de 20 millions d'euros. Un nouveau Contrat d’Objectifs et de Moyens doit-être signé l’année prochaine mais l’Etat réclame un cadre restrictif qui stabilise les ressources public tout en exigeant un retour à l’équilibre en 2017. L’équation semble difficile à réaliser sans casse sociale. Vous devez, Madame la Ministre, vous engager à préserver les emplois et l’activité de Radio France.

De même à France Télévisions, le Gouvernement et le parlement constatant les réelles difficultés financières de cette entreprise, qu’ils ont eux-mêmes placée dans cette situation ont, dans un premier temps, proposé une augmentation de la redevance de 3 € destinée à cette entreprise. Mais finalement, au dernier moment, ils ont préféré reverser cette manne à France Média Monde.

À la place, alors qu’elle devait baisser, voire disparaître en 2017, la tutelle a fait augmenter la dotation complémentaire d’Etat à 160 millions d’€. Cette dotation à l’origine chargée de compenser l’arrêt de la publicité, est maintenant chargée de compenser une partie de la non redistribution de la redevance. Évidemment cette dotation est un cache misère et ne compense rien : ni la publicité, ni la redevance. C’est pourtant dans ce contexte financier particulièrement tendu et particulièrement insincère que le gouvernement veut maintenir des objectifs fixés tout azimuts.

FO appelle urgemment à la stabilisation des budgets de l’audiovisuel public. Nous proposons une réforme de la redevance en élargissant l’assiette, sinon mécaniquement la redevance va baisser structurellement puisque de moins en moins de personne achète des téléviseurs.

Cette question est cruciale, comme l’est celle de la détention des droits pour les entreprises publics de l’audiovisuel qui financent des productions avec l’argent du contribuable. Il est impensable aujourd’hui que des sociétés publics qui produisent et qui financent des projets audiovisuels ne puissent pas hériter des recettes qu’elles ont générées.

C’est d’autant plus ennuyeux que cela permet aux entreprises du service public de se refaire une vertu en faisant porter la précarité de l’emploi sur des sociétés de production privées, prise à la gorge par des marges qui se réduisent d’années en années, et qui sont souvent à la frontière de la légalité pour continuer à exister.

FO continue d’exiger l’embauche de tous les salariés intermittents du spectacle qui le désirent, « dits permittents », qui travaillent de manière pérenne pour un même employeur. L’audiovisuel public doit être exemplaire, et pas seulement France Télévisions ou Radio France mais aussi Public Sénat, TV5, ou France 24…

Nous voudrions avoir aussi un petit mot également pour la chaîne France Ô qui a particulièrement été tancée par le chef de l’Etat, l’accusant de ne pas respecter ses obligations. Les salariés s’inquiètent désormais de la survie de cette chaîne dans le paysage audiovisuel français.

Le CSA


L’organisme de surveillance de l’audiovisuel public, garant de son indépendance, s’est totalement cramé, discrédité en faisant fuir son pré-rapport totalement à charge contre France Télévisions. Tellement à charge, que le CSA s’est ridiculisé. Il n’a pas fallu beaucoup de temps, pour comprendre que certains membres de l’institution pouvaient avoir des intérêts croisés à voir Rémy Pflimlin et son équipe tomber. Les articles caricaturaux dans le Point, puis dans l’Express, puis quotidiennement dans la presse nationale depuis que la campagne pour une nouvelle présidence de France Télévisions a été lancée en sont bien la preuve. Cette attitude du CSA à jeté un certain trouble sur la conduite de notre démocratie.

La FASAP appelle a une prise de conscience très rapide de cette institution qui a marqué ses limites par ses dysfonctionnements. Nous réclamons que les prochaines nominations au sein du CSA, ne soient pas réservées uniquement à des hommes politiques ou à des journalistes. Nous pensons que des représentants de la création et/ou de la production ont aussi leur mot à dire au sein du CSA.

En tout cas, avant même sa désignation, la prochaine nomination du Président de France Télévisions est déjà entachée de suspicions regrettables.

Réforme Territoriale


Le projet de réforme territoriale répond aux injonctions de la Commission européenne, mais il ne répond pas vraiment aux préoccupations des salariés.

Pour FO, l’absence de débat avec les citoyens pose un vrai problème de démocratie. La réforme amène de nombreuses inquiétudes quant à l’avenir des personnels, de même que celui de services jusque-là garantis par les collectivités locales.

Ainsi, que vont devenir, par exemple, les missions des départements appelés à disparaître en 2020, quels impacts notamment pour les budgets de la culture des départements et des régions ?

Les artistes et tous les salariés du spectacle s’alarment ; la baisse de 11 milliards d’€ de la dotation de l’Etat aux collectivités locales, qui financent aux deux tiers la culture en France, entraînera une forte baisse des subventions du secteur. Il nous faut des réponses ! En particulier sur l’emploi.

Avec la réforme territoriale, que vont devenir les DRACs, les personnels et leurs missions ?

Si Force Ouvrière s’oppose à la fusion des régions, ce n’est pas pour une question de principe. C’est une opposition cohérente qui tente de prendre en compte les réalités historiques, culturelles et économiques de chaque entité.Il n’est pas question de repli identitaire ou de repli sur soi, comme nous pouvons l’entendre. Il s’agit de défendre l’activité et l’emploi, notamment des entreprises culturelles. Les projets de fusion n’ont qu’un seul but : réduire l’emploi, tout le reste n’est que du discours. Pour FO c’est notre priorité cardinale : défendre le travail.

Le gouvernement doit honorer ses engagements. Le Président Hollande a déclaré sacraliser la culture. Bous attendons les actes concrets de cet engagement, en particulier en faveur de tous les salariés de nos secteurs.

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