La culture au cœur de la refondation de l’Europe

Déclaration de Françoise Chazaud,
secrétaire générale de la FASAP-FO
au cours du CNPS du 15 janvier 2018

Madame la Ministre, Mesdames, Messieurs,

Quand le candidat Emmanuel Macron déclarait « il n’y a pas de culture française, il y a une culture en France », on sentait bien une légère provocation.
En effet, chacun sait que la culture française est nourrie par sa diversité, née de notre histoire durant des siècles et par les apports des populations qu’elle a côtoyées ou intégrées.

Il existe bien un rayonnement de la culture française partout dans le monde.

Madame la Ministre, vous avez souhaité placer la politique européenne au premier rang de vos responsabilités en initiant le projet de la culture au cœur de la refondation de l’Europe.
Nous espérons que les droits d’auteurs seront enfin protégés.

Nous aimerions aussi la réussite de l’Europe sociale qui reste encore le chantier qui entrave l’unité européenne et qui contribue au rejet de l’Europe pour de nombreux français.

Vous avez déclaré que le document Cap 22 n’était qu’un document de travail, que les arbitrages n’étaient pas faits, soit, mais ce projet a circulé, sa diffusion a inquiété, à juste titre, tous les professionnels.
Vous avez aujourd’hui la possibilité d’affirmer que vous ne retiendrez pas la piste des mutualisations entre établissements, que les apports que vous souhaitez engager en faveur de la diffusion ne se fera pas au détriment de la création qui a besoin de ses moyens et de temps avant d’être diffusée.

Vous avez ici l’occasion de démentir l’idée pour les collectivités territoriales de déroger aux cahiers des charges.

Tout affaiblissement du réseau public de production de diffusion du spectacle vivant se fera au détriment de la création, des artistes, des techniciens, des personnels administratifs.
De plus en plus, la précarité favorise la floraison d’entreprises de portage salarial et de prêt illégal de main d’œuvre.
Nous vous demandons l’interdiction pour ces entreprises de continuer leur trafic.

De plus en plus de structures hospitalières, EPHAD et autres refusent de passer par le GUSO et exigent que les artistes produisent une facture.

C’est en contradiction totale avec les textes, nous souhaiterions un rappel à l’ordre.
Car les conséquences avec Pôle Emploi sont désastreuses pour tous ces salariés.
Nous sommes très attentifs aux nouvelles concertations sur la formation professionnelle.

Nous sommes très attachés à notre OPCA, L’AFDAS, qui permet aux salariés-intermittents de se former et de se perfectionner, l’éclatement vers les régions serait dramatique pour l’ensemble des salariés.
Nous aimerions avoir la certitude qu’il n’y aura pas de remise en cause des droits des salariés dans les annexes 8 et 10.
Il n’est pas possible de diminuer le budget lié aux annexes.
Nous voulons préserver le groupe de protection sociale AUDIENS qui a toujours su répondre aux spécificités du secteur.

Pour FO, donner le Pass Culture aux jeunes de 18 ans est une bonne idée, l’Italie et l’Espagne l’ont déjà fait.

Concernant l’audiovisuel,

La honte de la République !!! même si l’Elysée a démenti en confirmant que la teneur du discours n’avait pas à être et ne concernait pas les personnels.

Le Président de la République voulait choquer.
Ses arguments sont les mêmes que ceux de ses prédécesseurs.

Nous ne pouvons pas revenir ici sur toutes les propositions de réforme y compris celle de votre ministère – mais nous avons lu et entendu : fusions, mutualisations, suppressions d’emplois.
Évidemment, c’est insupportable pour les salariés, ils ne sont pas responsables des erreurs de l’État.

Depuis la casse de l’ORTF en 1974 et à chaque Président, sa réforme.

Il faut aussi compter le nombre de dirigeants à TF1 : 3 et dans le même temps à Antenne 2 / France 2 : 14 avec bien entendu des changements structurels internes, en rond, en carré, en diagonal, changement de directeurs des programmes, de l’info, de la communication, tout en assurant bien entendu pour l’ensemble des salariés, la continuité de l’antenne et de tous les services.

L’État est le seul responsable de par ses lois : de la nomination des dirigeants, des contrats des animateurs, producteurs dits incestueux, des producteurs privés, des contrats d’objectif de moyens signés à l’État et jamais respectés sur la partie finance par l’État.

Vous avez invité, Madame la Ministre, certains dirigeants de l’audiovisuel public à travailler sur les propositions de réforme.

Nous sommes très inquiets de cette impérieuse nécessité d’aller très vite, pourquoi ? le projet serait-il déjà ficelé ?

Nous sommes très étonnés de voir sur cette liste ARTE et TV5 alors que leur financement n’est pas le même que les autres sociétés de l’audiovisuel public !
Et vous oubliez les chaînes LCP et PUBLIC SÉNAT alors !

Les élus de la République auraient-ils gardé le privilège de leur financement et le pouvoir de garder les 2 chaînes séparées ?

Nous ne souhaitons pas subir une fois de plus une réforme qui se ferait dans l’urgence au dictat de Bercy.

Les fusions ne sont pas génératrices d’économie.
Elles sont destructives et dangereuses pour la santé des salariés.

Nous avons constaté, Madame la Ministre, que lors de votre intervention le 4 décembre au Comité Technique Ministériel, vous vous êtes abstenue de parler financement.

Pourtant, que ce soit dans le spectacle vivant et l’audiovisuel, rien ne pourra se faire sans un financement à la hauteur des ambitions affichées.
Nous avons des propositions très intéressantes pour le spectacle vivant et l’audiovisuel, nous souhaitons être entendus.

Pour terminer, Madame la Ministre, nous vous demandons solennellement de renier le document CAP 22.

Merci

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